Lobe is all you need.

Les Oreilles. Et ben quoi, les Oreilles ? Exactement ce que j’aurais répondu si un crétin de jury de concours m’avait donné ce sujet.
Imaginons. J’arrive dans une salle le matin de l’épreuve. Il est 8h00. J’ai les traits tirés, et pas à quatre épingles, les yeux plus encadrés qu’un portrait de Poutine au Kremlin, et le creux du cou encore imprégné de la sensation d’un oreiller. Je dois tirer un sujet d’oral. Tiens, celui-là. Je vais m’asseoir pour préparer, et je lis : « les oreilles ». Point.
Une heure plus tard je me pose devant les examinateurs pour commencer mon exposé et je dis : « …et ben quoi, les oreilles ?? ». 0,5 sur 20. Recalé.
 
C’est vrai, j’ai jamais fait attention aux oreilles. De deux choses l’une. Soit c’est des oreilles, un point c’est tout, soit c’est une horrible paire d’oreilles. Parce qu’on les voit, les bougresses, quand elles veulent se faire remarquer. C’est un petit collégien d’1,56m que quelques amis – les cons ! – appellent parfois « Spock » à cause d’elles. C’est le Président du Groland qui s’en sert pour brasser les vents salutaires de la connerie. C’est Desproges qui les agite en récitant les premiers vers d’Oceano nox. Les oreilles, deux aspérités cartilagineuses, avec ou sans poils disgracieux, et qui nous sortent par la tête.
 
Du coup, j’ai bien rigolé avec ce narrateur de La course au mouton sauvage de Murakami, ce type qui tombe amoureux d’une fille par fascination pour ses oreilles, vues sur une publicité de magazine. J’ai bien rigolé aussi quand j’ai entendu un jour quelqu’un faire remarquer à propos d’une autre personne qu’elle avait les lobes d’oreille les plus sexys qu’il ait rencontré. Non mais franchement. Des oreilles ! Pourquoi pas l’arrière des genoux ??
 
Jusqu’à ce matin. Boum. Brutalement. Là, assis à ma table à la dernière épreuve d’un concours quelconque (je veux dire par là que ça ne vous intéressera pas), voilà que 500 000 tonnes de stupéfaction viennent m’ancrer dans une paralysie béate et complète. La demoiselle devant moi, que je n’ai vue ni de face ni même de profil par ailleurs, arbore deux oreilles proprement sublimes. Petites juste ce qu’il faut, des courbes appuyées avec une finesse méticuleuse, parfaitement mises en valeur par une coiffure savamment arrangée, ni trop mates ni trop brillantes, et un grain de peau sans une imperfection. Je tombe amoureux, pour les cinq heures qui suivent.
 
Son visage ? Je n’en sais rien.
Je suis parti sans me retourner.
Mais j’ai le pressentiment d’une terrible injustice à venir. Celle d’être recalé avec un 0,5 à cette épreuve alors que, cette fois-ci, j’ai tout compris aux oreilles.
Les oreilles ? Aaah…les oreilles…
 
 
PS : cette histoire est véridique.
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2 commentaires pour Lobe is all you need.

  1. Jihane dit :

    Overdose des elfes du seigneur des anneaux?

  2. Emeric dit :

    Oh, tu sais ce que c\’est (enfin non, j\’espère pas), avec l\’âge, on finit par causer tout seul et délirer un peu…

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