Atelier 20 ~ Porte du petit frimas

Attendre l’oisiveté sans rien faire

– Introduction –

Lancer son chemin dans la nuit et écouter le bruit de sa chute
Le cri de son vol
Jeter le désœuvrement dans la fontaine orageuse
Lire dans les sillons et rides les tremblements de l’avenir
Tuer le chevalier noir au beau milieu de sa tempête, avec sa propre foudre
– Son heaume de fumée et d’âme brûlée sous la pluie en bouillons
Roule et se perd au plus épais des trombes –
Rester aux lisières jusqu’à ce que les frontières se déplacent d’elles-mêmes
S’y réveiller songeur…

Séparées de leurs nuits par nos éveils
Glissant mal les unes contre les autres
Nos rêveries se couchent de travers dans des chambres inachevées

Tant qu’à s’éveiller, autant transcrire le rêve sur les portions blanches du jour.

I – Des certitudes ?
II – La soif du loup
III – Éclosion des dunes

I – Des certitudes ?

Il faut
°cesser d’être tribu
°donner l’humilité aux âmes sèches, et l’humidité aux terres sèches
°caresser nos espoirs à rebrousse-poils pour les réveiller
°inverser toute pensée automatique
°briser toute pensée iconoclaste
°revenir sur les pas de ceux qui ne reviendront pas
°mettre du talc sur nos manques de tact
°se souvenir des vies du chat
°presser l’hiver et le laisser vieillir en bouteille
°éviter parfois d’aller au bout d’une
°ne pas falloir, parfois faillir, par foi.
°des certitudes !

II – La soif du loup

Splendide loup, la griffe arrogante au bout d’une patte enfarinée…
Sa soif dévorante, sa langue pendante cherchant l’eau ; la nécessité de sa langue et – dans le glacial soir ombreux – son souffle sur le monde, qui court et qui s’étale, qui emplit le rien de feu, l’âtre vide de braises, la forêt humide de fumées.
La soif du loup, le souffle du loup, petit pantin fêlé écroulé sur un brin d’herbe amer –
Le loup boit l’automne qui respire sous les feuilles acides.
Ses pattes dans la boue herbeuse contre le vent qui passe en bolide.
Ses yeux – ponts en aplats entre l’aube et la plume – hument le sobre paysage avec un air lunaire.
Et la fournaise, la fournaise au creux des plaines d’albâtre réfractaire, comment y surseoir ? Comment sceller le souffle du loup, gueule béante langue pendante, la jérémiade des poules apeurées – comment étancher en l’homme la soif du loup couleur pelage de neige cendreuse ?
Peut-être éclairer les scènes du monde et ses acteurs épars, particules d’arts scéniques, toujours à la recherche du ton juste pour crier que :
Une simple erreur de nid, et le coucou
Dévore le loup !

III – Éclosion des dunes

Le sang d’or qui coule avec le vent, entre les marées
Ample et massif, indifférent aux terres renfrognées
Cingle le long des pins et s’arrête
– Il neige poudre d’or sur les rives mates. –
Ô la DUNE, dont l’élan des courbes ravit l’âme !
Cela vaut le temps de creuser sa plaie
Pour un rayon de paille et un grain de trèfle rouge !
Loin du vacarme des moussons, abeilles nous
Butinons le temps en sa ruche charmante.
Absurde ? Nullement ! la dune éclose
Sel des astres, sable sourd…

La DUNE est humble, laisse-là
Grandir sur TOI.

– Conclusion –

Nous avons aimé tordre le cou des murmures du feu
Pour trouver cette chaleur dont l’hiver se dévêt.
Puisse alors ce qu’il adviendra de la mer
Rassembler pour nous les sourires des disparus
A l’abri de la dune où s’appuie la mémoire.
Quand inachevés malgré tout nous nous allongerons sur notre chemin
Pour attendre
Une définitive oisiveté,
Nous saurons si c’est bien là…

[mr:jk] 2010.12

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