Printemps des poètes 2011 ~ Atelier 19B1

3 textes à la suite. Le premier doit commencer par Je vous écris d’un pays lointain. On échange ce texte avec un autre participant, et on écrit l’envers, l’entre-ligne du texte reçu. Ici le second texte est l’envers du mien, écrit par une autre participante, tandis que le troisième est l’envers du texte de cette personne, vu par moi.

 

Je vous écris d’un pays lointain.

Il y fait beau, vous aimeriez beaucoup !
Bisous, à bientôt.

Ginko

PS : Votre dernière lettre m’a fort meurtri, vous sembliez passer plus de temps à mesurer la longueur d’écharpe rejetée dans votre dos qu’à polir votre discours pour moi.
Mais, je ne vous en veux pas, je vous aurai, d’une lanière ou d’une autre.
Je me rappelle de vous. Les couleurs du temps entre les dents de ma mémoire, saviez-vous ? Vous ne savez pas ? Et bien pourtant, elles tournent !
Moi je tourne sans vous, je crois devenir fou. J’ai changé votre adresse et je la changerai encore demain car j’ai peur que vous ne me receviez plus. Merci de me faire suivre. Je mets mes poignets sous votre coupe-papier, pressez si vous voulez. Mais non, ça ne coupe pas ! C’est pour l’image. Je vous cède la mienne avant que la vôtre s’estompe. Portez mon portrait, s’il-vous-plaît, près de votre visage. Ainsi quand je reviendrai, je me reconnaîtrai, et vous avec.

PPS : Catastrophe. Le reflux de la marée a emporté ma falaise. Je n’ai plus nulle part où nicher, ni place où percher. De plus il pleut, ce que j’écris bave peu à peu, s’étale, se mélange. Qu’avais-je écrit au début ?

Je   vous   fais   belle   d’un bisou   lointain,
J’y écris   beaucoup,   vous aimeriez   bientôt !
O’King

 

« A l’endroit, à l’envers »

 

Envers du texte précédent

 

Je vous déteste d’un endroit proche

Je vous déteste d’un endroit proche, très proche de vous. Vraiment très proche…
J’y suis, j’y reste et j’y prends racine
J’y éparpille les miettes de vos propos quotidiens
Je les hache jusqu’à ce qu’ils gisent là
Comme les nuages capturés au-dessus d’une plus verte vallée
Je n’ai rien pour moi et je vous déteste sans fortune
Juste pour vous rendre hommage, vous rendre service. Vous rendre folle, gentiment.
Mais détestablement !
Je me mets au milieu des mots morts, sur le plus haut sommet,
Je lève la main et j’arrache la foudre que je jette plus bas
Je réanime vos propres mots pour qu’ils vous disent ce que vous y cachiez
Je vous apprends l’honnêteté, rien qu’à vous, comme la petite voix du petit doigt à votre oreille.
Écoutez-vous.
Je suis vous, comme beaucoup d’autres.
Je est un Vôtre.

 

[mr:;k] 2011.03

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