30 secondes Fahrenheit

Le vent venait rouler sur les toits
Avant de chuter dans la mer où, de la main,
J’écopais l’écume ;
Les vacances avaient encore un goût de cordages
Mais nous restions sages.
La nuit servait de combustible
Au vent qui revenait du large pour s’enfouir
Dans les greniers.
Une voix pestait contre le volet qui battait un peu
Malgré la cale.
Il y avait au fond des lits
Des histoires de fantômes
Et des abordages sabre au clair
Dans l’ombre de poudre noire et de cire fondue
La grande armoire était pleine de linges tordus
Dont les cheveux hirsutes et les dents noirâtres
Poussaient avec le grincement des charpentes.
Chaque matin je m’étonnais
Moins d’être vif que d’être entier
Et de la puérilité des ombres, je riais présomptueusement
Je ne savais pas qu’un jour elles m’avaleraient
Pour de vrai

[mr:;k] 2011.05
Un an de plus…

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Un commentaire pour 30 secondes Fahrenheit

  1. Melle Bulle dit :

    Il est joli ce texte… Il y a un petit côté Rimbaud (notamment dans les premiers vers), bon. Ça faisait longtemps que je n’avais pas lu de vers qui ne soient pas trop « mièvres »… Hi, hi, hi… en général, je lis « beaucoup » (enfin surtout dans des blogs) des poésies écrites par des fi(fi)lles, et souvent on tombe dans un triste pathos…
    Non mais sinon, tu sais, c’est pas trop grave d’avoir 30 ans, je t’assure, on y survit ! 😉
    Bizouilles !
    (et ne t’arrête pas d’écrire)

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