Septembre périssable

L’herbe fauchée étrangle la rosée
Des galeries dénudées courent folles au-dessous
Les vaches maigres du temps broutent les chemins défoncés ;
Il n’y a pas de hauteur aux bords de nos vertiges,
La plaine serpente et convulse entre les eaux de rocaille.
Un passeur aux ongles terreux agrippe son canot percé
Aucune constellation ne rejoint ses souvenirs
Sur le flot des paysages il a perdu son cap, et crache de dépit.
Les flancs gonflés des bêtes pendent au ventre des collines
Et les nuages reflètent l’horizon prêt à se replier sur elles ;
le vent compact bat son ombre contre les vieilles toitures de paille acide.
L’abject en nous fêtera ses éternels quinze ans, des couteaux dans les poings.
La passion se trompe de fruit ; serions-nous pourtant
Si aveugles en ces automnes sans une étoile à suivre ?

[mr:;k] 2012.10

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