La sauge et la ciguë

Elle te parlait dans les vapeurs sucrées d’un vieux confiturier
Passait ton séjour au bain cuivré
De sa voix comme un feu qui en couvait un autre
T’imprimant son souffle d’audace
Dans des accents carmin de pivoine
Timides de frangipane
Des reflets bombés en dos de cuillère
Des désirs effilés posés à contre-verre
Rien de plus qu’un nectar, un doux moût de voix nue,
Un accès au nexus entre dévotion
Et dévoration.

Un instant plus tard cependant elle pouvait
Effrayer ton repos de sa main minérale
Te sabrer jusqu’au blanc des os
Posée sur toi, marbre pelotonné,
Tout le long de tes craintes et à flanc de supplique
Griffant son Écriture aux frontières du lisible
Pour que tu saches la fin et ne demandes plus
Et te laisses briser comme du sucre cuit
Dans l’odeur qui s’éteint des derniers feux de vie.

Les mensonges de menthe douce
La litanie d’onguents qui ravivent le froid
Les huiles qu’elle brûle au fond des pages où tu te perds
Cette langue moqueuse sur les mots et les lèvres
Son rire qui t’enfonce au creux d’un conte cruel…
Oui tu pourrais compter
Les poisons, dont l’écume vivace
Vient lécher les contours de ta peau de chagrin.
Pourtant ce serait peu de chose
Peu de chose en regard
Du goût de sucre tiède que tu vas rechercher
Au bord des inconnues et au corps des aimées.

[mr:;k] 2013.02

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