Un point trop long

Le paysage se réduit à une trame de fleuves,
De rivières, de ruisseaux,
De filets d’eau où tu dilues ta présence,
Le cours des mots se fait translucide
Au fil des veines qui lézardent en terre ;
Quelqu’un suit
D’une démarche qui nous ressemble
Une contre-allée arrachée des cartes,
Quelqu’un cherche
Avec l’obstination que tu nous connaissais
Une forme claire sous la crue.

Roulée au cœur des galets,
Gommée au creux des rus,
Étirée infiniment parmi les courants :
Quelqu’un tamise par habitude
Ta définitive disparition.
Non, ni dans l’onde ni dans le long temps
L’on ne trouve d’or au plus fort des flux ;
Ce qu’il reste
De tous les souvenirs rongés
Ce sont tes os nus et blanchis
Et dessus, la peau,
La peau que nous feignons de sentir.

[mr:;k] 2014.03

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